Le guide des anime de l'automne 2019
No Guns Life

Préféreriez-vous lire cet article en anglais ? oui
Voulez-vous définitivement définir votre édition comme Français ? oui

Combien donnez-vous l'épisode 1 de
No Guns Life ?
Note de la communauté : 3.9



Qu'est-ce que c'est ?

Inui Jûzô est un ancien soldat démobilisé suite à une terrible guerre. Sa particularité ? Il a un énorme révolver à la place de la tête, faisant de lui un extend : un homme transformé avec des extensions mécaniques. Sans aucun souvenir de son passé, il se fait de l'argent en enquêtant sur les crimes des bas-fonds de sa ville, jusqu'au jour où un extend poursuivi par la police pour kidnapping le laisse avec l'enfant qu'il a enlevé… en le suppliant de le protéger ! Le hic : tout le monde semble vouloir récupérer ce gamin, et notamment Berühren, une multinationale mystérieuse et toute puissante…

No Guns Life est diffusé sur Wakanim le jeudi à 13 h 30.


Comment était le premier épisode ?


Damien Hilaire

Note :

Jûzô n'est décidément pas un négociateur comme les autres. Sa carrure, déjà imposante, n'est pas aussi impressionnante que le gigantesque revolver qui lui sert de tête. Ces modifications drastiques sont le résultat d'expérimentations durant la dernière guerre. Cobaye de la toute puissante société Beruhren, il se retrouve à devoir vivre avec cette tronche qui n'a plus rien d'humain au jour le jour, une tête qui va bien avec son job puisque Jûzô s'est spécialisé dans les problèmes liés aux Extends, ces gens comme lui, modifiés pour être plus forts ou plus performants. Bon, lui c'est un cas à part mais pas autant que le gars qui vient de rentrer par effraction dans son bureau, un Extends entièrement modifié, plus machine qu'homme, trimballant un gamin sur son dos. Il serait poursuivi par Beruhren, qui chercherait à mettre la main sur le gosse coûte que coûte. Il est venu voir Jûzô pour le lui confier. Jûzô le regarde, s'allume une clope, tire une taffe et se dit que ça va être une putain de journée.

No Gun's Life, le retour du hard boiled à l'ancienne ou presque. Plébiscité par Hideo Kojima lui-même, le manga de Tasuku Karasuma fait beaucoup parler de lui depuis quelques temps. Ce mélange de polar noir et de cyberpunk n'a rien à voir avec les égarements philosophiques de Ghost in the Shell et c'est peut-être sa force. Son action est musclée, l'univers est noir mais pas glauque et crade, on peut même trouver ça fun.
Pourtant il y a bien quelque chose de pourri dans tout ça, la société est clairement dystopique avec son monde d'entreprise totalitaire et ses êtres humains modifiés. De fait avec un concept pareil, quel autre studio que Madhouse aurait pu se coller à l'adaptation ? Pour cet univers polar, ils ont fait appel à Kenji Kawai à la musique, c'était malin en sachant le pedigree du bonhomme. Pour la réalisation par contre c'est une autre paire de manches puisque cela a été confié à Naoyuki Itou, le réalisateur d'Overlord. Autant dire que ça fait beaucoup moins rêver comme CV.
D'ailleurs Madhouse a aussi perdu de sa superbe, il faut donc trouver un compromis, une solution pour que la série soit regardable sans être hors de prix. Itou fait donc le choix du posing et de la CGI (oui, il fallait en passer par là de toute façon, les designs des personnages, notamment ceux qui ont des parties mécaniques, ne sont pas évidents à dessiner). Ça bouge pas beaucoup mais il y a beaucoup de mise en scène au cadrage soigné avec insistance sur les poses-clés des personnages et notamment de Jûzô qui prend tout le cadre assez souvent à l'image. Pour ce qui est de la CG c'est Cyclone Graphics qui s'y colle, ce studio s'est illustré sur la trilogie Kizumonogatari (où personne n'a râlé puisqu'une bonne CG est une CG qui ne se voit pas, preuve qu'ils font bien leur boulot) et on les retrouve cette saison sur BEASTARS également. No Gun's Life du coup même si ça n'a pas l'audace de faire du sakuga, ça compense avec une réalisation qui fait dire que franchement, Overlord c'est vraiment fait par-dessus la jambe si le mec derrière est capable de livrer un épisode comme ça.


Pa Ming Chiu

Note :

Dans un univers futuriste peu reluisant, beaucoup d'humains sont améliorés cybernétiquement. On les appelle les Extends. La société multinationale Berühren, à l'origine de ce transhumanisme, règne sur ce marché avec un monopole absolu.
Mais notre héros Jûzô Inui est un Extend d'une autre catégorie, comme en atteste sa tête étrange en forme de pistolet. Il est ce qu'on appelle un Over-Extend Gun Slave Unit, soit le résultat d'un concept militaire datant de la Grande Guerre. Depuis la fin de cette dernière, Jûzô gagne sa vie en résolvant des enquêtes impliquant des Extends. Lorsque l'un d'entre eux vient le trouver un soir pour lui confier un mystérieux enfant inconscient, il ne sait pas encore qu'il met les pieds dans une affaire qui va rapidement le dépasser…

Difficile de passer à côté de No Guns Life : La tête absurde de son héros qu'on peut voir sur tous les visuels promos attire instantanément la curiosité !
Mais bien qu'un semblant d'indice soit révélé dans ce premier épisode sur la nature de cette caboche, il faudra avancer dans la série pour en savoir plus. De Jûzô Inui, on sait surtout pour le moment que c'est un détective privé très malin et doté d'une force de destruction non négligeable. Et qu'il n'est pas le seul à avoir une telle tête, si on en croit l'opening. On sait aussi qu'il a un faible pour les jolies filles, vu les ruptures graphiques SD façon City Hunter qui touchent le personnage lors de ses contacts avec la gent féminine, un aspect qui n'était pas franchement nécessaire d'ailleurs, vu le ton sombre et sérieux du reste. En l'état, ça fait vraiment tâche.
Si le monde de No Guns Life invoque immédiatement GUNNM et ses cyborgs dans les esprits, l'ambiance se veut en fait jazzy façon Cowboy Bebop et films noirs. D'ailleurs, entre le pistolet à barillet qui sert de visage à Jûzô et son long imper de privé de vieux polars américains, il se dégage du personnage un côté vintage fort sympathique. En fin de compte, ce parti-pris tant rétro-futuriste que cyberpunk fait que l'univers évoque plus Blade Runner ou le Metropolis d'Otomo, tandis que le héros musculeux, à la mâchoire carrée proéminente et toujours la cigarette à la bouche ne manque pas également de rappeler Marv de Sin City. Il est presque dommage d'avoir un personnage aussi inédit dans le character design et si peu de singularité autour. Reste à voir si ces archétypes et codes sont transcendés ou dépassés par la suite.

En matière de réalisation, c'est plutôt réussi pour l'instant. C'est joliment dessiné et animé, et le peu de 3D présente sait se faire discrète. Mention spéciale à la direction photo qui sert bien le ton hard boiled avec des contrastes fortement marqués. Le reste de la mise en scène est un peu passe-partout en revanche, et là aussi, avec un tel matériau de base, il est dommage de ne pas avoir quelque chose de plus lâché.


Bruno De La Cruz

Note :

Alors celui-là, il fait partie du top 3 de mes attentes de la saison, et les fans d'animation l'ont forcément dans le viseur.

La première impression qu'on a en lisant le manga, c'est que le nom de Madhouse vient naturellement sur le tapis si on parle d'adaptation. Voilà typiquement de la s-f qui aurait été portée en un OAV bien noir au milieu des années 1990, dans une VHS vendu 179 francs (je suis si vieux ?). On a du transhumanisme, des design de grande classe, un goût prononcé pour les zones d'ombres, et un héros avec une sale gueule qu'on aime !
Le manga de Karasuma - disponible en France chez Kana - est d'ailleurs est un aimant à “dessineux”. On parle quand même d'un titre qui a été adoubé par Haruhisa Nakata (auteur de Levius) et un certain Hideo Kojima (la vidéo est disponible en français sur le compte Twitter de Kana).

Sur le papier, l'œuvre est quand même un poison. Dans la veine d'un Jojo, il suffit de foirer un peu le design ou d'être maladroit pour vite faire tomber le show dans la catastrophe technique. Pour ce lancement, et on se gardera d'être définitif, c'est ultra propre et régulier. Juzô à une bonne tête, il dégage la même prestance que dans le manga (avec cette bascule humoristique quand il le faut). En somme, Madhouse et Naoyuki Itou jouent la carte de la citation et du posing. Naoyuki Itou n'est pas vraiment un réalisateur qui me fait fantasmer (j'aurais vu Natsume Shingo), mais il connaît très bien la maison (toutes les saisons Overlord) et on peut penser que No Guns Life peut marquer un tournant dans sa carrière. On verra, mais s'il parvient à citer aussi bien le manga et à laisser les stars briller dans les moments fort, ce sera un grand OUI.

En réalité, c'est Masanori Shino la vraie star du show. On en a parlé un moment aussi, depuis la diffusion de Boogiepop Phantom wa warawanai. Il est un superbe animateur, très connu de Madhouse aussi, et surtout le projet sur le papier semble taillé pour lui. Il va avoir la double mission de bien vérifier la régularité de ces fameux chara-design qu'il gère, et ensuite de proposer de grands moments d'animation, comme lors de la scène finale de cet épisode 1. Il sera aussi parfaitement capable d'inviter de gros talents, et je pense que le format de 12 épisode est parfait en ce sens. N'oublions pas une chose : No Guns Life est seulement la 2e production de Madhouse en 2019 (contre 3 en 2018 dont un film).

Enfin, la direction artistique était attendue au tournant, et je suis moyennement convaincu pour l'instant. Pourtant on a un superbe studio avec Cyclone Graphics. Le nom n'est pas très connu et pourtant on l'a vu produire de jolies choses en court (dont tout récemment avec Yabaton) et qui sera aussi à l'OP de BEASTARS. Ici, les matières morflent un peu mais le côté lisse donne une dimension Blade Runner (toutes proportions gardées) bienvenue.


EmmaNouba

Note :

En voici encore un OVNI, No Guns Life a tout de la série de détective, matinée de s-f. A la base, c'est un manga de Tasuku Karasuma. Pour comprendre, il faut intégrer une donnée de base : oui, il est possible de vivre et même de fumer clope sur clope quand à la place de la tête, on est affublé d'un révolver géant. Si ce postulat ne vous fait ni chaud, ni froid, vous êtes prêt pour embarquer dans cet anime produit par le Studio Madhouse que l'on ne présente plus et dont juste le nom est gage de qualité et d'originalité. Et avec No Guns Life, on suit bien ces deux traditions, à la lettre. Naoyuki Itō (Digimon: Data Squad, Overlord) est à la réalisation, au scénario, on retrouve Yukie Sugawara (Overlord, Kino no Tabi - the Beautiful World), quand à la musique, elle est signée par Kenji Kawai (Ghost in the Shell), excusez-nous du peu ! Ajoutons que le chara-design et la direction de l'animation sont menées dignement par Shino Masanori (Gungrave) et Okubo Junji (Overlord) assurant le mechanical design. Bref c'est une équipe de choc qui s'est attelée à cet anime totalement hors norme et vraiment extrêmement intéressant, non seulement graphiquement, mais aussi narrativement. On ne peut s'empêcher de penser au maître du genre, Katsuhiro Ōtomo, et à Akira.
Le personnage clé, au centre d'une vaste expérimentation, Tetsuro pourrait être un lointain cousin de Tetsuo. L'image est sombre comme dans un bon vieux film de détective et notre Bogart va en voir de toutes les couleurs. Et comme le souligne mon collègue Pa Ming Chiu, il y a du GUNNM dans l'air, même si la ville est plus proche de Blade Runner, sans la pluie incessante !

Dans cette société d'après grande guerre, une entreprise domine. La tour Berühren (littéralement “toucher”, “effleurer” dans la langue de Goethe) qui surplombe la ville en est le signe visible, tout comme les bras, yeux et autres extensions corporelles dont elle s'est fait une spécialité et ont fait sa fortune. Inui Juzo est donc un homme à tête de révolver. Précisons qu'il ne faut pas toucher à sa gâchette et évidemment on ne va pas éviter les sous-entendus foireux car le géant malgré sa dégaine n'en reste pas moins homme. C'est un Extend quelque peu bizarre. Il n'a aucun souvenir de sa vie passée. Son boulot de détective privé le porte à ne prendre que des affaires liées aux Extends. Il est coriace et ne lâche jamais une affaire d'où son surnom de Resolver. Il déteste l'eau (il a peur de se gripper) et les mômes ! Eh bien il va être servi. Au menu : un enlèvement, une fenêtre cassée, un flic véreux, et une bonne sœur sexy. En voilà de bons ingrédients pour un épisode qui donne vraiment envie de continuer à suivre les aventures du grand bonhomme à tête de gun. De bons moments en perspectives avec ce série qui commence très fort.


mettre en favori/partager avec : short url

montrer la version originale [en] de cet article

cet article a été modifié depuis qu'il a été originalement posté; voir l'historique des changements.

retour à Le guide des anime de l'automne 2019
La saison en avant-première: page d'accueil / archives